D-topia démarre comme un puzzle-adventure cozy classique : vous êtes le nouveau Facilitateur d'une communauté où le bonheur est géré par une intelligence artificielle, et votre boulot consiste à résoudre des pépins mécaniques pour que tout le monde reste content. Sauf que le vernis craque vite. Le jeu bascule régulièrement entre la réalité publique, lumineuse et sans accroc, et le "Block Side", sa face cachée où se nichent les bugs du système et les secrets que la communauté préférerait ne pas voir. C'est là que D-topia trouve son identité : une esthétique léchée, presque trop parfaite, qui sert un discours plus inquiétant qu'il n'y paraît sur l'automatisation du bonheur. Les puzzles restent logiques et accessibles, pensés pour ne jamais brusquer le rythme volontairement lent du jeu. C'est justement là que le bât blesse : la vitesse de déplacement est frustrante, et le nombre de puzzles disponibles reste limité pour une aventure qui se termine plus vite qu'on ne l'aurait voulu. Annapurna Interactive signe encore un jeu qui a quelque chose à dire, porté par un univers magnifiquement construit et des personnages attachants. Ce n'est pas le puzzle-adventure le plus dense du marché, mais son ambiance et son propos méritent le détour, à condition d'accepter une traversée un peu trop tranquille.